Zacharie MADANE
Le projet Les tétons qui pointent الحلمات†الواقفة de Zacharie prend racine dans une géographie de l’intime et du politique, à la lisière entre mon héritage familial et les trajectoires de mes amis Mark, Kimi , Rita et Rouaa entre Damas et Beyrouth. Ce projet n’est pas une simple documentation sur la guerre ; c’est une tentative de « reconnaître ce qui n’est pas reconnu » (Ahlam Shibli) en débusquant, sous la surface des ruines, la persistance de la joie et la fabrication de nouveaux territoires.Au coeur de ma démarche se trouve la figure de l’ami : «Sadiki» en arabe. Ce terme, qui navigue entre amitié, alliance intellectuelle et amour inconditionnel, définit ma posture. Conscient de mon privilège de mobilité , j’ai choisi de mettre ce mouvement au service d’un « contrat civil de la photographie» à la manière d’Ariella Aïsha Azoulay.
En utilisant un appareil compact automatique, j’ai délaissé la distance du reporter pour une porosité totale. Cet outil « pauvre », qui circule de main en main, permet de co-créer une archive où mes amis ne sont plus des sujets passifs de la tragédie, mais les auteurs de leur propre représentation. Notre relation est le matériau premier de l’œuvre.
